Sciences sociales · géographie de la Caraïbe
À partir de 2002 et pendant une quinzaine d'années, j'ai réalisé le projet qui me tenait le plus à cœur : parcourir la Caraïbe dans ses grandes largeurs.
lire le récit →Au même moment, la Caraïbe est regardée — depuis Miami, depuis Beijing, depuis Caracas. Cartographier ces regards de puissance, c'est déjà comprendre la région.
le dossier — pour qui veut aller plus loin
2018Le Mai 68 des Caraïbes, Mémoire d'encrier, Montréal, 402 p.
2014Une géographie populaire de la Caraïbe, Mémoire d'encrier, Montréal.
2012La Jamaïque, les raisons d'un naufrage, Presses universitaires des Antilles et de la Guyane, avec Fred Célimène.
2012Espaces politiques et ethniques des drogues illicites et du crime à Trinidad et Tobago, Presses universitaires des Antilles et de la Guyane.
2012Géopolitique et migrations en Haïti — essai sur les causes de l'émigration haïtienne, Presses universitaires des Antilles et de la Guyane.
2011Géopolitique d'une périphérisation du bassin caribéen, Presses de l'Université du Québec, 153 p.
2019« Placing the Music: Kingston, Reggae Music, and the Rise of a Popular Culture », Sound and the City vol. 2, Springer, Berlin, avec K. Rhiney.
2017« Un regard caribéen sur Cuba », Questions internationales, La Documentation française.
2016« Diffusion and spatial dynamics of creole languages in the Caribbean », L'Espace géographique (English version).
2015« Cruise tourism in Dominica: Benefits and beneficiaries », ARA — Journal of Tourism Research, vol. 5, n° 2.
2015« Répartition et dynamiques spatiales des langues créoles dans la Caraïbe », L'Espace géographique.
2015« La diffusion de la présence chinoise dans la Caraïbe insulaire », Cahiers de géographie du Québec, vol. 58, n° 163.
2014« La Chine dans la Caraïbe : une introduction », Mondes chinois, n° 39.
2013« Maroons and Multinationals in Suriname: Land, Resource Conflicts and the State », Caribbean Geography.
2011« Politiques de la fragmentation urbaine et violence : l'exemple de Kingston », CyberGéo.
2010« Tivoli, une garnison assiégée », Mappemonde.
2006« Les îles de l'Antimonde », Géographie et Cultures.
2015« Bob Marley, entre deux mondes », Visions cartographiques, avec R. Philippon.
2014« Les nouvelles couleurs de Port-au-Prince », Visions cartographiques, avec P. Morel.
2013« À la Dominique, la croisière n'amuse pas », Visions cartographiques.
2012« Du “cri de la cale” aux gémissements du ghetto — le dancehall jamaïcain », Le Monde diplomatique.
2012« La Caraïbe, un territoire à géométrie variable », Visions cartographiques.
2010« En Jamaïque, les ghettos vont-ils choisir les “Dons” contre l'État ? », Le Monde diplomatique.
2008« Médailles d'or jamaïcaines », Le Monde diplomatique.
2019Pour une géopolitique de l'improbable — Galerie Leonard & Bina Ellen, Université Concordia, Montréal.
2019Le « je » caribéen est-il africain ? Regards géographiques sur les langues créoles — Université de Montréal.
2019« Comment traduire la “coopération” en caribéen ? » — Rencontres Amazonie, Amériques & Caraïbe, Cayenne.
2015Identités Caraïbes — Festival des Étonnants Voyageurs, Saint-Malo, avec Gisèle Pineau, Kettly Mars et Miguel Duplan.
2015Géographie des langues créoles — Festival des Étonnants Voyageurs, Saint-Malo, avec Henriette Walter.
2014The Caribbean Digital, a Small Axe Event — Columbia University, New York.
2012–2013University of the West Indies (St Augustine, Trinidad) — maître de conférences : géographie de la Caraïbe, géographie humaine.
2010–2015Université des Antilles et de la Guyane (Schoelcher) — cartographie, mondialisation et développement, géographie et économie de la Caraïbe, relations internationales.
2017–2020ICEA — Institut Catholique Européen des Amériques — géopolitique, relations internationales.
la carte des cartes — cliquer pour agrandir
Après l'université, autour de 2016, je prends la direction du Pôle Observatoire Territorial de l'Agence d'Urbanisme et d'Aménagement de Martinique (ADUAM). L'occasion de me plonger dans les données et d'élaborer de nouvelles esquisses sur la Martinique, tout en continuant mes recherches sur les îles voisines.
En 2012-2013, au département d'économie de l'UAG, je prends la direction du projet Caribbean Atlas, avec mon collègue et ami Kevon Rhiney (Rutgers University). Notre objectif : lancer des étudiants et des jeunes chercheurs de toutes les universités caribéennes sur les thématiques qui les intéressent, en publiant des articles scientifiques courts, plus accessibles à la publication, mais avec un comité scientifique régional solide (Norman Girvan notamment). Le projet, que nous portons à bout de bras avec l'appui enthousiaste de notre directeur Fred Célimène et des collègues de l'University of the West Indies, peine à survivre à la géopolitique interne… de l'université des Antilles.
Caribbean Atlas — atlas en ligne, dir. R. Cruse & K. Rhiney ↗
Fond de page : « West-Indien », D. F. Sotzmann, Berlin, 1795 — collection David Rumsey.
Exploitant UAS déclaré auprès de la DGAC — scénario standard européen STS-01 (règlement UE 2019/947) · Protocoles d'intervention en CTR avec les aéroports Martinique Aimé Césaire, Guadeloupe – Maryse Condé (Pôle Caraïbes) et Cayenne Félix Éboué · Interventions sous protocole en sites sensibles et réglementés
Toutes les photographies et tous les films de ce site ont été réalisés par Romain Cruse.
À partir de 2002 et pendant une quinzaine d'années, j'ai réalisé le projet qui me tenait le plus à cœur : parcourir la Caraïbe dans ses grandes largeurs. Dominique, Trinidad, Colombie, Jamaïque, Saint-Vincent, Suriname, Cuba… J'ai partagé la vie de pêcheurs, de musiciens, de collectionneurs d'oiseaux, de soudeurs, d'agents de sécurité, de gigolos, de contrebandiers et de petits agriculteurs, dans des villages perdus le long de la côte caraïbe et des quartiers délabrés des grandes villes.
Dans ce monde, il n'y avait pas de serrure sur la porte — juste une image de Jésus ou d'Haïlé Sélassié bénissant le salon. Une figure plus discrète d'une divinité noire (un « lwa ») trônait dans un coin plus sombre, le vieux coutelas restant à portée de main, près du lit, pour la gestion des problèmes plus terrestres.
Je me suis immergé dans les langues, les cultures et les valeurs de la Caraïbe, bien au-delà de ce que les manuels universitaires effleuraient à distance. Ce parcours m'a conduit à un master puis un doctorat en géographie, à la cartographie, et à des disciplines voisines — sociologie, anthropologie, économie, relations internationales. J'ai publié de nombreux articles scientifiques et plusieurs ouvrages, tout en enseignant à l'université pendant plusieurs années et en formant des centaines d'étudiants — notamment comme maître de conférences à l'University of the West Indies, classée parmi les 10 % des universités les plus performantes au monde.
Au niveau conceptuel, j'ai été le premier, à ma connaissance, à réviser l'« économie de plantation modifiée » de l'école de Mona (Jamaïque) pour l'adapter à notre époque, à travers la notion d'« économie de plantation collatéralisée » (EPC) : un pacte plus ou moins conscient entre élites économiques et oligarchies politiques, dont le résultat est un accaparement de la rente économique par les premières, et un enrichissement par la captation d'une partie du flux des emprunts par les secondes — d'où la course à la collatéralisation et aux emprunts, et une explosion de la dette sans réel développement en contrepartie. Dans le domaine linguistique, j'ai là aussi été le premier, à ma connaissance, à proposer une géographie des langues créoles caribéennes, en systématisant les études comparatives entre créoles à bases lexicales diverses (anglaise, française…). Et de manière générale, je me suis inscrit dans le courant des caribéanistes qui décrivent la région en remontant depuis l'individu — le « pixel » — vers la société…